Du pilotage de projet à une exécution augmentée par l’IA

Les grands projets d’infrastructure et d’immobilisations dans l’éolien offshore atteignent un nouveau stade de maturité. Les turbines gagnent en puissance et en fiabilité, leur déploiement s’industrialise et les méthodes d’installation se standardisent progressivement. Fin 2025, la capacité installée mondiale atteignait environ 92,5 GW. La demande continue de progresser, portée par l’électrification des usages et la croissance des data centers, qui accroît les besoins en électricité. Dans le même temps, les grandes entreprises sécurisent à grande échelle leur approvisionnement en énergie renouvelable et renforcent leurs engagements d’achat d’électricité issue de projets éoliens offshore.

Mais derrière cette croissance des capacités se cache un défi majeur : la maturité technologique ne suffit pas à garantir la bonne exécution des projets. Seuls 13 % des cadres dirigeants et professionnels seniors de l’éolien offshore estiment que leurs projets récents ont obtenu de bonnes performances en matière de coûts, tandis que 36 % les jugent insuffisantes. Par ailleurs, 55 % constatent un écart significatif entre l’actif initialement conçu et celui finalement livré. La principale cause réside dans le modèle d’exécution des projets. Les reprises d’études d’ingénierie et les modifications tardives de conception arrivent en tête des facteurs de dépassement des coûts, devant même les perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Notre nouveau rapport, L’excellence des grands projets dans l’éolien offshore, analyse les principales sources de perte de valeur tout au long de l’exécution des projets et montre comment le digital et l’intelligence artificielle peuvent contribuer à y remédier. Cette étude s’appuie sur une enquête du Capgemini Research Institute menée en avril et mai 2026 auprès de 150 professionnels seniors intervenant à différentes étapes du cycle de vie des projets au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Italie, aux Pays-Bas et dans d’autres pays européens. Les répondants couvrent l’ensemble de la chaîne d’exécution et 78 % ont directement participé à au moins quatre grands projets d’investissement au cours des cinq dernières années.

Ce que vous découvrirez dans le rapport

  • Sept principaux facteurs d’échec dans l’exécution des projets, évalués selon leur fréquence, dont deux se distinguent par leur impact particulièrement important. Le gel tardif de la conception arrive en tête, observé par 92 % des répondants. Le rapport montre comment une faiblesse en amont peut se répercuter sur les achats, les opérations en mer et le financement avant même d’atteindre le comité de pilotage, à un stade où les options les moins coûteuses ne sont généralement plus disponibles.
  • Le principal déficit de compétences identifié : la rapidité et la qualité de la prise de décision. Les professionnels seniors de l’éolien offshore considèrent cette capacité comme la plus déterminante pour réussir les projets au cours des cinq prochaines années. Pourtant, seuls 17 % estiment que leur organisation est aujourd’hui performante dans ce domaine. Le rapport explique pourquoi repenser uniquement la gouvernance ne suffit pas et identifie les leviers nécessaires pour améliorer la prise de décision à grande échelle.
  • Les domaines dans lesquels l’IA crée réellement de la valeur, et ceux où son impact reste limité. Le rapport met en perspective les capacités de l’IA face aux différents facteurs d’échec, depuis l’origination des projets jusqu’à leur construction, en passant par l’ingénierie et le développement. L’analyse repose sur des déploiements documentés publiquement, et non sur des promesses technologiques génériques. Elle identifie également les freins à l’adoption qui empêchent encore de nombreuses organisations de dépasser le stade des projets pilotes.
  • Cinq leviers d’action pour les dirigeants afin de passer d’un pilotage fragmenté des projets à un système intégré de contrôle et de prise de décision. Ils couvrent la maturité de la conception, la coordination de l’écosystème, les obligations contractuelles liées aux données, le rythme de gouvernance et les indicateurs de performance suivis au niveau des instances dirigeantes.

La maîtrise de l’exécution devient désormais un élément à part entière de la décision d’investissement, et non plus seulement du plan de réalisation des projets. Les acteurs capables d’industrialiser la gestion de l’information, plutôt que ceux disposant uniquement des modèles les plus sophistiqués, sont les mieux placés pour établir les prochains standards de compétitivité et de maîtrise des coûts dans l’éolien offshore. Capgemini accompagne les acteurs du secteur dans la mise en œuvre concrète de ce modèle opérationnel : de la définition d’un référentiel de données commun à l’ensemble des sous-traitants jusqu’à la mise en place d’une gouvernance claire, déterminant les décisions pour lesquelles l’IA peut formuler des recommandations et celles qui doivent rester soumises à une validation humaine.