Avec le soutien de Capgemini, Tara Polar Station a été conçue pour résister aux hivers polaires les plus extrêmes.


Pour comprendre à quelle vitesse le climat de notre planète évolue, il faut se rendre au cœur de l’océan Arctique central, l’une des régions les plus isolées et les moins explorées de la planète. C’est précisément là que Tara Polar Station, station polaire dérivante de la Fondation Tara Océan ayant bénéficié de l’expertise des équipes Capgemini, mènera sa mission.

Maëva Bardy – Tara Ocean Foundation

L’océan Arctique se réchauffe actuellement quatre fois plus vite que le reste de la planète. Les conséquences de cette accélération sont déjà visibles : d’ici 2045, l’Arctique pourrait connaître des étés sans glace de mer. Ces bouleversements affectent également l’ensemble de la biodiversité locale, du plancton jusqu’aux ours polaires.

Pourtant, malgré son rôle essentiel dans l’équilibre climatique mondial, cette région extrêmement fragile demeure encore largement méconnue. En cause : les conditions extrêmes qui règnent pendant les longs et rigoureux hivers polaires, rendant presque impossible la présence prolongée des navires de recherche traditionnels et la collecte continue de données scientifiques.

Avec Tara Polar Station, un observatoire et laboratoire dérivant unique au monde, Capgemini contribue à faire progresser la recherche en soutenant la mise en place d’un programme scientifique continu dans la région pour les vingt prochaines années.

En se laissant porter par la banquise tout au long de l’hiver, la station offrira aux chercheurs une présence permanente au cœur de l’océan Arctique. Une opportunité sans précédent d’observer, mesurer et comprendre l’évolution de cet écosystème clé face au changement climatique.

Élise Gilbert au Forum de Davos 2026 aux côtés de Romain Troublé, directeur de la Fondation Tara Océan.

Élise Gilbert, Associate Design Director chez frog, société du groupe Capgemini, fait partie des équipes chargées de partager avec le grand public les enseignements issus des expéditions.

« Il s’agit d’une station scientifique unique », explique-t-elle. « Je le décris souvent comme la Station spatiale internationale des océans. »

Ce laboratoire flottant est conçu pour accueillir un équipage tournant de 12 à 18 personnes, réunissant marins, scientifiques, médecins, explorateurs polaires et artistes en résidence.

À chaque expédition de Tara Polar Station, les équipes se relaieront à bord par périodes de quatre à huit mois. Cette organisation permettra d’assurer une présence scientifique continue au cœur de l’océan Arctique central et de mener des observations sur le long terme pendant au moins les vingt prochaines années

Affiner la conception

Capgemini a accompagné ce projet de bout en bout, depuis les premières phases de conception jusqu’à la livraison de Tara Polar Station, afin de garantir sa capacité à résister aux conditions extrêmes de l’environnement polaire.

Kévin Nocentini, Technology & Innovation Manager chez Capgemini Engineering, a contribué à la conception et à l’ingénierie de Tara Polar Station. Il a notamment travaillé sur la modélisation thermique et énergétique de la station afin de garantir sa capacité à résister aux conditions climatiques arctiques. Son intervention illustre l’expertise de Capgemini dans le développement de systèmes complexes destinés à fonctionner dans certains des environnements les plus exigeants de la planète.

« Mon parcours est issu du secteur spatial et j’ai davantage travaillé sur des projets aérospatiaux que maritimes. Dans le cadre de Tara Polar Station, il s’agissait d’appliquer mes compétences en modélisation énergétique et thermique à la conception des systèmes CVC du navire, c’est-à-dire le chauffage, la ventilation et la climatisation, ainsi qu’à l’intégration des panneaux solaires.

J’ai également participé à la conception du système de verrouillage mécanique du “moonpool.” »

Le moonpool est un puits central permettant un accès direct à l’océan depuis l’intérieur de la station.

« Il permet aux plongeurs et aux équipements scientifiques d’accéder à l’eau en toute sécurité, même lorsque la station est emprisonnée dans la banquise hivernale », explique-t-il.

« Tout ce que nous avons conçu a une utilité concrète pour la recherche scientifique. L’innovation réside dans l’intégration de l’ensemble de ces technologies au sein d’un même navire. C’était un défi technique complexe qui a nécessité de croiser des compétences issues de différents domaines. C’est une belle démonstration de notre capacité à piloter des projets d’envergure ayant un impact direct sur la société. »

Maëva Bardy – Fondation Tara Océan

Une fois la phase d’ingénierie achevée, Élise a rejoint l’équipe pour piloter les volets communication et design d’expérience de cette collaboration. Elle a mis à profit son expertise en design numérique afin de rendre les recherches menées dans l’Arctique plus accessibles au grand public.

« Les données qui seront collectées dans l’océan Arctique sont extrêmement techniques et ne sont pas spontanément accessibles au plus grand nombre », explique-t-elle.

« Mon rôle s’inscrit dans ce que nous appelons le data storytelling. Il consiste à transformer les données liées à la position de la station, à son environnement ou encore aux expériences scientifiques en récits captivants et compréhensibles, permettant au public de mieux saisir les enjeux et les résultats de ces recherches.

L’un des membres de l’équipage sera par exemple chargé de capturer des images et d’explorer de nouvelles façons de donner vie aux découvertes réalisées à bord. »

Premier voyage

Le véritable test pour Tara Polar Station débutera à la fin de l’été 2026, avec sa toute première mission de dérive polaire.

Maëva Bardy – Fondation Tara Océan

« Bien que d’importantes campagnes d’essais aient déjà été menées dans les conditions réelles de l’océan Arctique central, notamment sur la banquise et en toutes saisons, la première mission de dérive polaire nous permettra de franchir une nouvelle étape », explique Kévin.

« Elle nous donnera l’occasion d’observer le comportement des systèmes sur de longues périodes dans un environnement où l’instabilité est la norme. Notre équipe d’ingénierie restera mobilisée pour ajuster et optimiser en permanence les performances de la station à partir des données collectées en temps réel. »

La sécurité et le bien-être de l’équipage sont des éléments essentiels pour lui permettre de mener à bien cette mission scientifique d’une importance capitale.

Les données recueillies par Tara Polar Station seront accessibles en open source, offrant aux scientifiques du monde entier un accès libre et illimité à des informations précieuses. Ces données contribueront à enrichir les connaissances sur de nombreux sujets, allant des micro-organismes aux différentes couches de l’atmosphère, en passant par l’ampleur de la pollution plastique dans les océans.

Ces travaux permettront de combler des lacunes majeures dans les données scientifiques mondiales et de nourrir les réflexions sur les politiques environnementales et climatiques à l’échelle internationale.

Le projet a déjà attiré l’attention des dirigeants du monde entier.

« J’ai eu l’incroyable opportunité de présenter le travail de Capgemini sur Tara Polar Station à des dirigeants et responsables internationaux lors du Forum économique mondial de Davos », raconte Élise.

« Cela a été extrêmement gratifiant de constater l’intérêt et l’enthousiasme qu’a suscités le projet. C’est une démonstration concrète de notre raison d’être chez Capgemini : mettre l’ingénierie, l’innovation stratégique et le design créatif au service de la résolution des grands défis mondiaux. »

Elle ajoute que cette collaboration a également été une expérience particulièrement enrichissante sur le plan personnel.

Maëva Bardy – Fondation Tara Océan

« Le changement climatique est un sujet qui me préoccupe profondément, comme c’est le cas pour beaucoup d’entre nous. Participer à un projet qui contribue à mieux le comprendre, et qui, je l’espère, aidera les scientifiques à développer de nouvelles solutions, est une immense source de fierté. C’est particulièrement gratifiant. »

Grâce au mécénat de compétences, cette aventure illustre pleinement la capacité de Capgemini à mettre l’ingénierie, l’innovation et l’engagement au service d’une cause d’intérêt général.

De la conception de Tara Polar Station à son rayonnement sur la scène internationale, le partenariat entre Capgemini et la Fondation Tara Océan contribue à faire progresser les connaissances mondiales sur le changement climatique.

Et pourtant, ce n’est que le début du voyage.