L’IA n’impressionne plus : elle doit maintenant faire ses preuves

À l’issue du sommet mondial dédié à l’intelligence artificielle, le salon Adopt AI – qui s’est déroulé les 25 et 26 novembre 2025 au Grand Palais à Paris – un sentiment assez clair émerge chez les équipes de Capgemini : les entreprises ne sont plus dans l’émerveillement sur les capacités de l’IA. 
Elles sont dans l’examen.

« Le potentiel de l’IA, personne ne le conteste plus. Ce que les entreprises demandent aujourd’hui, c’est comment la mettre en application, de manière maîtrisée, utile et sécurisée » résume Amine Loukil.

Dans les allées du salon, comme dans les projets menés sur le terrain par Capgemini, les mêmes interrogations reviennent, avec une constance révélatrice : quels usages apportent un gain réel ? Comment garantir la fiabilité des recommandations ? Où circulent les données ? Et surtout, comment préserver la propriété intellectuelle ?

Cette maturité nouvelle est frappante. 
L’enthousiasme est bien là, mais il est lucide. Les entreprises ne sont plus impressionnées par l’IA, elles la mettent à l’épreuve. 
Et c’est une bonne nouvelle.

Agentic IA, GenAI, automatisation : l’IA devient un collègue… pas un remplaçant

Contrairement aux discours anxiogènes, l’IA ne signe pas la disparition des métiers
Elle en redessine les contours. 

Les tâches répétitives, fragmentées et chronophages glissent progressivement vers la machine. L’analyse, le jugement et la décision restent du côté de l’humain

Dans les environnements SAP, cette bascule devient particulièrement visible. Là où les processus transactionnels sont denses, normés, et critiques, l’IA trouve un terrain d’expression naturel. Non pas pour “réinventer” les métiers, mais pour leur redonner de l’oxygène.

« L’IA s’installe d’abord là où elle soulage », nous rappelle Amine 
« dans les fonctions finance, achats ou supply chain, elle absorbe des activités à faible valeur décisionnelle, mais à fort coût opérationnel ».

Pour ne citer que les exemples les plus représentatifs : 
Dans de nombreuses organisations, la réconciliation des flux financiers inter-compagnies mobilisait jusqu’ici des équipes entières pendant les périodes de clôture.
L’IA a complétement sa place pour faciliter la réconciliation ICO ligne à ligne sur des volumes importants de factures, et donc de mettre en exergue les écarts à traiter, et d’accompagner la prise de décision pour résoudre les éventuels litiges, ou corriger les erreurs.  
==> résultat : des clôtures plus rapides, des équipes moins sous tension, et une fiabilité renforcée des comptes de bilan et P&L”

Même logique dans le traitement des factures fournisseurs. Là encore, l’IA ne “décide” pas à la place des équipes. Sur la base d’un cadre décidé par les métiers, l’IA permettra d’augmenter le taux d’automatisation de traitement des écarts factures approchant le 100%.
À l’échelle, ces ajustements produisent des effets durables : respect des délais, continuité de service, fluidité opérationnelle. 

Pour Amine, c’est précisément cela qui distingue les usages pertinents de l’IA des démonstrations sans lendemain :
« La vraie valeur n’est pas dans l’effet waouh, mais dans la capacité à libérer du temps pour ce qui compte vraiment. Grâce à l’IA, le travail est plus focalisé sur la valeur : l’analyse et la stratégie» 

Quand l’IA éclaire la décision, au bon moment

Au-delà de l’efficience, une autre catégorie d’usages s’impose progressivement : l’aide à la décision. Et là encore, SAP constitue un terrain particulièrement fertile. 

Dans certaines entreprises, des agents conversationnels connectés aux données financières et opérationnelles permettent désormais aux managers d’interroger leur système comme ils le feraient avec un collègue.

Une question simple, en langage naturel, suffit pour obtenir une vision claire des indicateurs clés, comprendre une dérive de performance, ou identifier une cause racine. 
Ce qui change n’est pas seulement la vitesse d’accès à l’information, mais aussi le moment où elle devient disponible.  
Là où les analyses arrivaient souvent trop tard, l’IA permet désormais d’agir pendant que la décision a encore un impact.

On ne parle pas d’IA qui invente, mais d’IA qui restitue, explique et met en perspective des données fiables .

Une nuance essentielle, notamment dans les secteurs régulés, où la confiance conditionne l’adoption.

Maîtriser la donnée pour libérer la confiance

Mais à mesure que l’IA gagne en puissance, la question n’est plus seulement ce qu’elle permet de faire, mais dans quel cadre elle opère.
Pour Amine Loukil, la souveraineté et la sécurité ne relèvent pas d’un discours idéologique, mais d’un principe opérationnel.

Dans les secteurs régulés, certaines organisations ne peuvent ni externaliser leurs données ni accepter des modèles opaques. Les architectures SAP, combinées à l’expertise Capgemini et à des partenariats européens comme Mistral AI, permettent aujourd’hui de déployer des IA génératives et agentiques dans des environnements contrôlés et souverains.

Ainsi l’AI Foundation au sein de SAP Business Technology Platform (SAP BTP) sert aujourd’hui de couche d’intégration qui offre SAP Business AI sur pratiquement toute infrastructure. Le partenariat récent entre Mistral AI, SAP et Capgemini pose désormais les bases de solutions d’IA évolutives et conformes en Europe, couvrant l’IA souveraine depuis le hardware jusqu’à la plateforme et les applications, en passant par l’interface utilisateur.

Cette attention dédiée à la souveraineté servira aussi bien les services publics que les secteurs régulés français et s’étendra à une large variété d’industries en quête d’une IA sécurisée et évolutive.
Elle repose aussi sur un principe fondamental : la transparence. Traçabilité des sources, distinction claire entre restitution factuelle et interprétation, visibilité sur le cycle de vie des modèles — l’IA ne doit jamais devenir une boîte noire.

Passer du test à l’échelle : là où l’expertise fait la différence

Si beaucoup d’entreprises ont déjà expérimenté l’IA, toutes n’ont pas encore franchi le cap de l’industrialisation. La difficulté n’est pas tant technologique que structurelle : un agent IA n’est efficace que s’il repose sur des données de qualité, des processus clairs et une architecture capable de durer.
C’est précisément là que l’expérience de Capgemini entre en jeu. Déployer un agent SAP Joule préconfiguré peut prendre quelques semaines lorsque les fondations sont en place. Mais inscrire ces usages dans la durée suppose une compréhension fine du système SAP, de la gouvernance de la donnée et des exigences métiers.

« L’IA n’est jamais meilleure que ce qu’on lui donne à analyser », rappelle Amine. 
« La qualité de la donnée, ce n’est pas un sujet annexe : c’est un investissement dans la durée. »

L’IA ne sera jamais un avantage concurrentiel en soi. Ce qui fera la différence, c’est la capacité à l’intégrer intelligemment dans un système maîtrisé, évolutif et aligné avec les enjeux métier. C’est là que se joue, aujourd’hui, la performance durable des organisations.

Capgemini agit alors comme un catalyseur : aider les entreprises à identifier les cas d’usage réellement créateurs de valeur, à les intégrer dans des processus standards SAP, et à les faire évoluer sans recréer de dette technique. Être bêta-testeur des innovations SAP depuis des années, pouvoir démontrer les cas d’usage IA sur des environnements standards, accompagner leur adoption métier : cette proximité avec l’éditeur permet à Capgemini de transformer l’innovation en pratique concrète et durable. 

L’IA comme évidence, pas comme rupture

Au fond, l’enseignement le plus marquant de cette période n’est peut-être pas technologique. Il est culturel. L’IA, dans SAP comme ailleurs, ne s’impose pas comme une révolution brutale. Elle s’installe comme une évidence.

L’interaction conversationnelle avec le système apparaît comme la suite logique d’un mouvement engagé depuis des décennies : rendre les informations plus accessibles, plus intelligibles, et de perfectionner l’interface homme-machine pour une compréhension réelle et surtout utile.

L’avenir de l’ERP ne sera ni totalement automatisé, ni totalement autonome. Il sera augmenté. Un système capable d’orchestrer les données, de proposer, d’alerter — et de laisser la décision finale à l’humain. Dans cette trajectoire, l’IA n’est pas un aboutissement, mais une étape clé vers des entreprises plus lucides, plus réactives, et plus responsables.

Pour Capgemini, l’enjeu n’est pas d’aller plus vite que les entreprises, mais d’avancer avec elles. De transformer l’IA en un levier d’efficacité, de qualité et de confiance. Et de rappeler que la vraie modernité ne consiste pas à empiler les technologies, mais à les mettre au service des organisations et de leurs collaborateurs.