Aujourd’hui, l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans les assurances IARD est monnaie courante et 40 % des dirigeants d’assurance dommages affirment que l’IA répond à leurs attentes.  En apparence, cette statistique est rassurante. Mais les résultats commerciaux réels des améliorations induites par l’IA racontent une autre histoire : de nombreux assureurs ne rapportent que des gains marginaux en termes d’économies de coûts, de croissance du chiffre d’affaires et de délai de mise sur le marché. Encore plus surprenant, une grande partie de l’industrie, jusqu’à 42 %, affirme ne pas avoir mesuré du tout les résultats de l’IA.1

Dans le même temps, un groupe restreint d’assureurs IARD – environ 10 % des acteurs les plus performants – démontre la voie à suivre pour transformer l’IA en un véritable levier de compétitivité à l’échelle de l’entreprise. Comparées à la moyenne du marché, ces organisations de tête ont enregistré une croissance du chiffre d’affaires supérieure de 21 % et une hausse de leur cours de bourse de 51 % entre 2021 et 2024.
Cependant, même chez ces pionniers de « l’assurance augmentée par l’IA », les usages restent encore largement cantonnés à des tâches ponctuelles. Les workflows demeurent majoritairement conçus pour une exécution humaine ; quant à la résolution de freins structurels – collaboration, qualité et disponibilité des données, refonte des processus – elle reste un enjeu majeur².

Le World Property and Casualty Insurance Report 2026 s’appuie sur les résultats de trois grandes études terrain menées auprès des assurances IARD.

Le rapport repose sur plusieurs travaux de recherche de grande ampleur :

  • Des entretiens menés auprès de 344 dirigeants de compagnies d’assurance IARD de premier plan à l’échelle mondiale.
  • Quatre enquêtes « Global Insurance Employee Survey » ciblant des fonctions clés, auxquelles ont répondu 809 collaborateurs, dont 200 agents, 200 gestionnaires de sinistres, 200 conseillers service client et 209 souscripteurs.
  • Enfin, une vaste enquête « Voice of the Customer », réalisée en partenariat avec Phronesis Partners, auprès de 1 113 assurés dans 18 pays.

Ces travaux couvrent trois grandes zones géographiques : les Amériques, l’Europe et l’Asie-Pacifique.

Se réinventer pour l’ère de l’IA agentique : vers des assureurs « centrés sur l’expertise »

L’édition 2026 du rapport IARD appelle les acteurs du secteur à se transformer en profondeur pour entrer dans une nouvelle ère de l’IA dite agentique, et à devenir des assureurs centrés sur l’expertise humaine.

Ces organisations s’appuient sur quatre piliers interconnectés :

  1. Le leadership, qui définit la vision stratégique et fixe le cadre de collaboration entre l’humain et l’IA.
  2. Les experts métiers, dans l’ensemble des fonctions opérationnelles, qui définissent les résultats attendus et établissent les référentiels de validation que les “forces de travail automatisées ” doivent respecter avant d’agir.
  3. L’exécution automatisée, en charge des volumes importants d’activités, avec une capacité d’escalade vers l’humain dès lors que la complexité dépasse des seuils prédéfinis.
  4. L’orchestration, assurée par des managers capables de traduire la stratégie business en principes IA et de piloter le passage à l’échelle de l’intelligence au sein de l’organisation.

L’enjeu est de construire une entreprise dans laquelle l’expertise humaine et l’exécution automatisée fonctionnent de concert, au sein d’une organisation en adaptation continue, à mesure que les technologies gagnent en maturité, que les environnements de risques évoluent et que les frontières entre le jugement humain et l’IA s’étendent vers de nouveaux territoires.