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Plateformes data : comment retrouver la valeur de son patrimoine de données ?

Olivier Perhirin & Florent Bouchenot
29 mars 2022

Pour devenir « data-centric », les organisations doivent mettre en place un socle technique solide avec les bonnes technologies et la bonne gouvernance.

Quelles sont les actions à mener à la lumière des opportunités offertes par le cloud ?

Enfin, la satisfaction des utilisateurs. Ce sont eux qui souffraient des limites des anciens systèmes, il est important de savoir s’ils adhèrent aux nouveaux. Quand ces trois aspects se combinent, la plateforme modernisée devient le moteur d’une transformation profonde et rapide de l’organisation vers un mode de fonctionnement résolument centré sur les données. 

Pour réellement devenir data-centric, les organisations doivent donc engager une démarche de modernisation de leurs plateformes data avec une double perspective : favoriser et industrialiser les nouveaux usages de la donnée ; tirer parti des spécificités techniques et économiques du cloud.

Ceci établi, on peut définir l’architecture modernisée. Ce socle reposera sur deux éléments prépondérants : la sécurité et l’automatisation, essentielle, car c’est elle qui permettra de créer des environnements au gré des besoins, et donc de recueillir les bénéfices opérationnels et financiers du cloud. En ce qui concerne le choix des technologies elles-mêmes, il faut être attentif à préserver sa liberté d’action et de décision vis-à-vis des fournisseurs (notamment les grands opérateurs). Il ne faut pas non plus sous-estimer le chantier technique. Certes, le cloud apporte beaucoup de facilités, mais les migrations de données, les intégrations techniques, la sécurisation, et la réalisation de tous les paramétrages nécessaires pour retranscrire l’intelligence des métiers dans la plateforme ne sont pas aussi immédiats que certains fournisseurs veulent bien l’affirmer. Sur ces aspects, être accompagné par un expert reste impératif. 

En parallèle, il est fondamental de mettre en place une gouvernance appropriée. La nouvelle plateforme a vocation à décloisonner, industrialiser et démocratiser les usages de la donnée, donc à faire intervenir de très nombreux acteurs (data architects, data engineers, data scientists, data stewards, business analysts, développeurs, utilisateurs métiers…) tout au long de processus de production entièrement repensés. Pour obtenir les bénéfices attendus et les pérenniser, il convient de préciser les rôles et les tâches de chacun, et de mettre en place des instances de contrôle et d’arbitrage. Sans cela, la qualité des données collectées et des informations produites peut très vite dériver, et avec elle la confiance des utilisateurs. 

À travers ces enjeux de gouvernance, transparaît enfin un très fort besoin d’accompagnement du changement. Avec la nouvelle plateforme de données, les acteurs métiers data et IT voient leurs attributions changer. Il leur faut s’approprier de nouveaux rôles, de nouveaux outils, de nouveaux processus, et développer de nouvelles compétences. Qu’ils le fassent rapidement et sans réserve est capital pour la réussite de la plateforme. Cette conduite du changement s’amorce dès l’origine du projet, en impliquant les métiers : la plateforme doit être développée avec et pour eux, afin de faciliter son utilisation. Après tout, ce sont les métiers qui pourront tirer parti de la valeur ajoutée de ces plateformes.