Quel est le rôle de la SIMMAD ?

La structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère la Défense (SIMMAD) est un organisme à vocation interarmées rattaché à l’armée de l’Air. Elle assure par délégation la maîtrise d’ouvrage du maintien en condition opérationnelle (MCO) du matériel aéronautique pour le compte de sept donneurs d’ordre : les trois armées, la gendarmerie, les douanes, la sécurité civile et la Direction générale de l’armement (DGA) essais en vol. Notre mission consiste donc à mettre en place et gérer le cadre technique, organisationnel, opérationnel, contractuel et financier qui permettra la meilleure disponibilité des équipements de bout en bout, des centres industriels aux théâtres d’opérations. Cela nécessite une coopé- ration renforcée avec, d’une part, les donneurs d’ordre et, d’autre part, les maîtrises d’œuvre opérationnelles ou industrielles, qu’elles soient publiques, comme le SIAé, ou privées.

Quels sont vos enjeux actuels ?

Nous avons sous notre responsabilité plus de 1 250 appareils de 46 types différents : avions, hélicoptères, drones… En raison du niveau d’engagement actuel de nos forces, ce parc est très sollicité, souvent dans des conditions sévères. À court terme, il nous faut donc hisser notre efficacité à la hauteur de ces exigences critiques. Et à plus long terme, nous devons préparer notre stra- tégie de soutien ainsi que les systèmes, les ressources et les processus qui seront nécessaires pour la mettre en œuvre. Car l’efficacité d’un MCO se décide des années à l’avance. On ne peut pas bouleverser des politiques de maintenance ou des chaînes d’approvisionnement du jour au lendemain. Tout cela se définit en grande partie dès la conception de l’appareil. Par exemple, l’impression 3D ouvre des perspectives très intéressantes en matière de maintenance, mais si nous voulons un jour bénéficier de pièces de rechange par fabrication additive, il faudra auparavant qualifier tout le processus avec les industriels.

De quelle façon le numérique peut-il vous aider à relever ce double défi ?

Nous sommes attentifs à toutes les pistes d’innovation. On peut citer l’inspection par drones ou encore la maintenance prédictive, qui pourrait révolutionner notre activité. Mais pour cela, il nous faudra d’abord disposer des données adéquates. Or, avec des appareils de plus de 25 ans de moyenne d’âge, le papier est encore abondant. Ensuite, il nous faut estimer les gains que peuvent nous apporter les nouvelles technologies, à l’image de la visualisation agile des données de pilotage de nos activités en cours d’évaluation. Enfin, nous ne devons jamais oublier que la priorité, ce sont les avions qui volent aujourd’hui. C’est pourquoi notre feuille de route vers le MCO du futur est pavée de réalisations concrètes, qui apportent des bénéfices rapides tout en s’inscrivant avec cohérence dans notre stratégie. C’est le cas de la RFID que nous déployons dans nos entrepôts pour gagner en visibilité et traçabilité sur notre chaîne logistique.

Quelle est la place des données pour relever ces défis ?

Elle est centrale. Entre nos autorités de tutelle, nos donneurs d’ordre, nos partenaires privés, nos 25 sites, notre activité repose sur un réseau très dense d’échange. La donnée est la clé de son efficacité. Or, notre environnement est extrêmement complexe, hétérogène et volumineux. Nous avons ainsi 550 000 références en stock, 230 contrats, une trentaine de systèmes d’information… C’est pourquoi l’une de nos initiatives majeures en 2016 a été de créer un service dédié aux données. Son objectif est de bâtir un référentiel commun qui servira de socle à la convergence de nos systèmes d’information prévue à l’horizon 2021-2022 avec le système d’information du MCO aéronautique, Brasidas.