Paris, le 17 Novembre 2010 – Selon cette étude, l’Europe devrait atteindre et très probablement dépasser son objectif de 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixé par la Commission dans le cadre de la Directive Energie-Climat. Atteindre une part de 20% des énergies renouvelables dans le mix énergétique sera, en revanche, difficile à réaliser, tout comme le troisième objectif de réduction de 20% de la consommation énergétique (un critère toutefois facultatif au regard de la législation européenne).
Le rapport examine également les actions à mener pour améliorer la sécurité d’approvisionnement électrique en Europe lors de conditions climatiques exceptionnelles, notamment grâce à la mise en place de dispositifs de maîtrise de la demande et en particulier d’effacement de la consommation1. La transformation de la conception, de l’équipement et de la gestion des réseaux électriques – nécessaire pour répondre à l’évolution du mix énergétique et améliorer la sécurité d’approvisionnement – est également étudiée dans le cadre des récentes directives Européennes.

Des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs européens de lutte contre le changement climatique2 :
La crise économique et les mesures nationales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ont permis à l’Union Européenne dans son ensemble de se rapprocher de l’objectif défini dans le protocole de Kyoto, bien que certains Etats Membres soient encore loin de leurs objectifs individuels.

En 2009, les émissions de gaz à effet de serre au sein de l’Union Européenne ont ainsi diminué de 7%. L’effet conjugué d’une reprise économique modérée et de la délocalisation de certaines industries devrait permettre à l’Europe de réaliser – sans doute même de dépasser – l’objectif de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre en 2020.

A un rythme certes moins soutenu qu’en 2008, les énergies renouvelables ont continué de se développer en 2009 grâce à la croissance des énergies éolienne et solaire (+15% et 53% respectivement). Cette croissance n’est toutefois pas assez rapide pour permettre à l’Europe d’atteindre l’objectif de 20% d’énergies renouvelables dans son mix énergétique en 2020. La Commission Européenne estime que 500 TWh sur les 1 200 TWh requis pour atteindre cet objectif devront provenir de l’énergie éolienne. Or, les sites terrestres les plus favorables ont déjà été exploités ; le développement de projets éoliens offshore – par nature plus complexes et coûteux – est donc nécessaire.

La crise a réduit les possibilités de financement de projets et les plans d’austérité lancés par de nombreux gouvernements ont poussé les pays à réduire leurs subventions pour les énergies renouvelables (notamment l’éolien et le solaire). De plus, de nouvelles mesures réglementaires ont rendu la construction des fermes éoliennes plus complexe. Comme les énergies renouvelables ne sont pas encore rentables, leur développement reste conditionné par les incitations fiscales et les subventions, payées in fine par les consommateurs. Les régulateurs et les gouvernements devront donc augmenter les prix de l’électricité sachant toutefois que ce type de décision est difficile à prendre en période de reprise économique modérée. Comme la Chine est devenue le premier exportateur mondial de panneaux solaires (exportations évaluées à 15 milliards de dollars) et l’Inde, le premier exportateur d’éoliennes, la montée en puissance de ces énergies en Europe conduit à une augmentation des importations plutôt qu’au développement de l’industrie et à la création d’emplois européens.

L’objectif européen d’efficacité énergétique, qui consiste à faire passer la consommation d’énergie primaire3 de 1 750 million de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2005 à 1 520 Mtep en 2020, semble difficile à atteindre. Bien que la consommation d’énergie primaire ait diminué de 5,6% en 2009 du fait d’une plus faible activité industrielle, la réduction envisagée de consommation à l’horizon 2020 suppose une contribution forte de secteurs comme le bâtiment et les transports qui ont des temps de réponse longs et impliquent de nombreux acteurs. Cependant, les actions européennes et nationales mises en place dans ce sens risquent de ne pas avoir un impact suffisant à l’horizon 2020, et ce d’autant plus que des investissements significatifs et des ruptures technologiques (concernant, par exemple, les batteries des véhicules électriques) sont nécessaires.

La sécurité d’approvisionnement et le besoin de réseaux intelligents
Sur la période 2009 et l’hiver 2009/2010, la sécurité d’approvisionnement en électricité et en gaz s’est améliorée mais certains pays ont dû faire face à des situations tendues lors de pics de froid. La France, par exemple, s’est approchée de son seuil maximum d’importation et a dû mettre en place des mesures pour inciter à une réduction de la consommation. Pour améliorer la sécurité d’approvisionnement lors de périodes de ce type, des mesures telles que la construction de capacités de pointe (13,8 GW de centrales à gaz ont été ajoutées en 2009) et le renforcement des connections transfrontalières (peu de progrès observés en 2009), combinées à des programmes volontaristes de maîtrise de la demande, sont nécessaires.

La fiabilité des réseaux de transport et de distribution d’électricité est un facteur essentiel pour assurer la sécurité d’approvisionnement. L’évolution du mix énergétique, qui intègre de plus en plus d’énergies renouvelables, et les changements de comportement des consommateurs auront un impact fort sur la conception et la gestion de ces réseaux.

Ces nouveaux réseaux – dits intelligents – comprendront de nouveaux équipements et davantage de capteurs, ils seront opérés numériquement et devront s’appuyer sur des protocoles de communication standardisés. Le soutien des autorités de régulation et un financement public sont essentiels pour que ces réseaux intelligents soient déployés à grande échelle. L’installation de compteurs intelligents pour mieux maitriser la demande et la transformation des réseaux en réseaux plus intelligents permettront de mieux équilibrer l’offre et la demande, ce qui améliorera in fine la sécurité d’approvisionnement en Europe.

Pour Colette Lewiner, Directeur du secteur Energie, Utilities et Chimie chez Capgemini au niveau mondial : « La gestion des réseaux électriques devient un enjeu crucial pour assurer la sécurité d’approvisionnement. Elle est rendue plus complexe par la croissance de la part d’énergies décentralisées et aléatoires – que sont les énergies éolienne et solaire – dans le mix énergétique. Les Utilities vont devoir gérer une incroyable augmentation du nombre de données à qualifier, stocker, échanger et analyser. Chez Capgemini, nous sommes convaincus que l’adoption croissante des réseaux intelligents en Europe va entraîner un profond changement des modes de gestion des Utilities qui concernera l’ensemble des maillons de la chaine de valeur.»

Une synthèse de l’étude est consultable à l’adresse suivante : www.capgemini.com/eemo

A propos de l’Observatoire Européen des Marchés de l’Energie (OEME)
L’Observatoire Européen des Marchés de l’Energie est une publication annuelle de Capgemini qui a pour vocation de suivre les principaux indicateurs des marchés de l’électricité et du gaz, de surveiller l’équilibre entre l’offre et la demande, de mesurer les progrès dans l’établissement d’un marché ouvert et concurrentiel dans les 27 pays de l’Union européenne (+ la Norvège et la Suisse) ainsi que d’observer l’évolution des indicateurs (3×20) de lutte contre le changement climatique à l’horizon 2020. Cette 12e édition, bâtie en majorité à partir de données publiques combinée à l’expertise de Capgemini sur le secteur énergétique, fait référence aux données de l’année 2009 et de l’hiver 2009/2010.

A propos de Capgemini
Capgemini, un des leaders mondiaux du conseil, des services informatiques et de l’infogérance, aide ses clients à se transformer et à améliorer leurs performances en leur conseillant les technologies les plus adaptées. Capgemini s’engage ainsi à favoriser la liberté d’action de ses clients et à accroître leurs résultats, en s’appuyant sur une méthode de travail unique – la « Collaborative Business ExperienceTM ». Pour fournir à ses clients une solution optimale, le Groupe a organisé un modèle de production mondialisé baptisé Rightshore®, qui réunit les meilleurs talents dans le monde pour les faire travailler comme une seule équipe sur un projet. Présent dans plus de 35 pays, Capgemini a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 8,4 milliards d’euros et emploie plus de 100 000 personnes dans le monde. Plus d’informations sur : www.capgemini.com

Grâce à une expertise sectorielle forte et un réseau mondial de 12 000 consultants et ingénieurs engagés dans des projets tant en Europe, qu’en Amérique du Nord ou dans la zone Asie Pacifique, le secteur Energie, Utilities et Chimie de Capgemini propose un large éventail de services à la plupart des grands acteurs mondiaux de ces industries, ainsi que des études approfondies sur le secteur. Plus d’informations sur : www.capgemini.com/energy

Rightshore®est une marque du Groupe Capgemini

1 « L’effacement de la consommation » est un outil d’optimisation de la consommation d’électricité qui consiste à ne pas en consommer pendant une certaine durée ou à différer sa consommation.
2 Ces objectifs sont la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique et la réduction de la consommation d’énergie
3 Energie primaire : énergie non transformée après extraction.