Paris, 14 septembre 2011 – La croissance du volume mondial des paiements s’est poursuivie en 2009 et 2010 en dépit de la crise économique. Selon les conclusions du « World Payments Report 2011 », publié ce jour conjointement par Capgemini, The Royal Bank of Scotland (RBS) et l’Efma, cette croissance est tirée principalement par les marchés émergents et les pays développés de la région Asie-Pacifique*. Le volume global des paiements non-cash a augmenté de 5 % en 2009, atteignant 260 milliards de transactions. La tendance à la hausse constatée en 2008 (+9 %) se poursuit en 2009, même si son rythme est inférieur. Les pays occidentaux enregistrent les taux de croissance les plus faibles mais ceux-ci restent positifs : moins de 2% en Amérique du Nord et moins de 5 % en Europe, contre plus de 10 % dans la région Asie-Pacifique.

Le « World Payments Report 2011 » décrit l’évolution du marché mondial des paiements – notamment en termes de volume et d’instruments utilisés (tels que les cartes et les chèques) -, l’impact des grandes évolutions réglementaires, ainsi que les enjeux et options stratégiques qui en découlent pour les banques.

De manière générale, la carte reste le moyen de paiement de prédilection: le volume mondial des transactions par carte est en hausse de près de 10 % et la part de marché des cartes est supérieure à 40 % dans la plupart des pays. Le rapport met en exergue la croissance des paiements sur internet et sur mobiles qui représentent 22,5 milliards de transactions dans le monde en 2010. Le volume des paiements sur internet devrait passer de 17,9 milliards de transactions en 2010 à 30,3 milliards en 2013, et celui des paiements sur mobile de 4,6 milliards à 15,3 milliards de transactions au cours de la même période. Les paiements sur mobiles progressent d’ailleurs encore plus rapidement que ce qui avait été estimé dans la précédente édition du rapport. Ils représenteront 15% des transactions par cartes d’ici 2013 et leur volume sera supérieur à ces dernières d’ici 10 ans s’ils continuent de croître à ce même rythme. Enfin, si, aujourd’hui, la proportion de ces transactions traitées en dehors des banques reste relativement faible, elle augmente néanmoins rapidement. L’utilisation des chèques continue par ailleurs de diminuer: ils représentent seulement 16% de l’ensemble des transactions non-cash en 2009 contre 22% en 2005. Ce moyen de paiement reste cependant plébiscité dans certains marchés clé.

Pour Scott Barton, CEO de Global Transaction Services chez RBS: « Le volume des paiements a bien résisté pendant la crise financière mondiale: il augmente même dans toutes les régions. Les banques sont confrontées aux défis de l’évolution rapide du marché des paiements, notamment à la nécessité de se conformer aux nouvelles réglementations. Elles devront donc adapter leurs stratégies et modèles économiques, mais ces évolutions représentent autant de nouvelles pistes de développement. »

Transformation progressive du marché des paiements sous l’effet des mesures législatives et des initiatives du secteur

Le rapport analyse un large éventail de mesures réglementaires et d’initiatives professionnelles mondiales et régionales (Bâle III** , la Stratégie numérique pour l’Europe, le Dodd-Frank act***  et les progrès du NPCI, National Payments Corporation of India). Il en ressort cinq grandes tendances à l’origine de la transformation du marché des paiements et du positionnement de ses acteurs:

  • la réduction et le contrôle du risque systémique : dans le sillage de la crise financière, les législateurs cherchent à réduire le risque systémique en demandant des garanties plus solides en capital et liquidité.
  • la poursuite des projets de normalisation pour améliorer l’efficacité, rationaliser les processus et réduire les coûts : la banalisation de certains moyens de paiement ou éléments de la chaîne de valeur s’accroît, et les banques éprouvent en conséquence de plus grandes difficultés à se différencier.
  • le mouvement en faveur d’une plus grande transparence : plusieurs initiatives ont pour but d’accroître la transparence des frais des services fournis aux clients, ce qui devrait avoir des répercussions sur les modèles économiques actuels, tels que celui des cartes.
  • la convergence : Sous l’effet des innovations technologiques et de l’évolution du comportement des clients, d’une part, et des exigences réglementaires, d’autre part, les différences entre les services fournis par les systèmes d’échange interbancaire s’atténuent. Ainsi, la concurrence s’accroit entre les systèmes de règlement brut en temps réel (RTGS****  « Real Time Gross Settlement ») et les systèmes de masse (ACHs*****  « Automated Clearing Houses ») pour certains types de paiement de petits montants.
  • l’innovation : elle reste un facteur clé de succès sur le marché des paiements. Les acteurs redoublent d’imagination pour intégrer de nouveaux développements à leurs offres – tels que le paiement sans contact ou les solutions mobiles -, et ce afin de répondre aux attentes de leurs clients.

Pour Jean Lassignardie, directeur des ventes et du marketing de l’activité mondiale Services Financiers de Capgemini: « Les pressions réglementaires sont plus fortes depuis la crise économique. Couplées au mouvement en faveur de la normalisation et la banalisation, elles induisent une transformation fondamentale du marché des paiements. Les banques et établissements financiers sont confrontés à des défis identiques à ceux rencontrés par les marchés de l’énergie et des télécommunications. Ces derniers ont fait face à des pressions similaires et y ont répondu par une spécialisation accrue et des offres différentiantes ».

Standardisation accrue dans le marché des paiements: comment donner plus de valeur aux services de paiements

La normalisation se poursuit et banalise de nombreux aspects de la chaîne de valeur. En conséquence, les banques et autres fournisseurs de services de paiement doivent davantage différencier leurs offres, et donc innover et se spécialiser pour satisfaire pleinement les attentes des clients.

À moyen et long terme, le modèle traditionnel de services de paiement entièrement intégrés (de la production à la distribution) ne sera certainement plus adapté à de nombreux acteurs du marché. Des rôles spécialisés de « producteur » et de « distributeur » pourraient alors émerger, très peu d’intervenants pouvant assumer les investissements nécessaires aux deux rôles. Les banques devront redéfinir leur vision stratégique pour déterminer le ou les rôles qu’elles souhaitent jouer à l’avenir et se préparer à des transformations potentiellement drastiques.

Pour Patrick Desmarès, secrétaire général de l’Efma: « L’évolution du secteur des paiements s’accélère. Face à cette réalité, les banques et autres fournisseurs de services de paiement doivent trouver des pistes de développement à court terme tout en prenant les meilleures options pour gérer les risques et opportunités qui naîtront à plus long terme de la transformation du marché ».

Le rapport est disponible sur www.capgemini.com/wpr11. Pour assister à une présentation dans votre région, consultez le calendrier des présentations locales disponible sur www.wpr11.com.

A propos de Capgemini
Fort d’environ 115 000 collaborateurs et présent dans 40 pays, Capgemini est l’un des leaders mondiaux du conseil, des services informatiques et de l’infogérance. Le Groupe a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 8,7 milliards d’euros. Avec ses clients, Capgemini conçoit et met en œuvre les solutions business et technologiques qui correspondent à leurs besoins et leurs apportent les résultats auxquels ils aspirent. Profondément multiculturel, Capgemini revendique un style de travail qui lui est propre, la « Collaborative Business ExperienceTM », et s’appuie sur un mode de production mondialisé, le « Rightshore® ».
Plus d’informations sur : www.capgemini.com
Rightshore® est une marque du groupe Capgemini

À propos de RBS
RBS est un groupe financier international au service de plus de 27 millions de clients en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, sur le continent américain et en Asie. Sa division Global Transaction Services figure parmi les cinq premiers fournisseurs de services bancaires au monde. Elle offre une large gamme de services aux entreprises, établissements financiers et organismes publics, couvrant les paiements nationaux et internationaux, la gestion des liquidités, le financement des opérations commerciales et les paiements par carte.
Les solutions de RBS vont des simples comptes de compensation sur le territoire national à l’exploitation sous marque blanche de ses services de gestion de trésorerie et de financement, en passant par des solutions innovantes de gestion des liquidités et de placement à court terme. Fort de sa présence sur le terrain dans 37 pays et de son réseau mondial de partenaires, le groupe RBS a la portée mondiale et l’expertise locale requises pour accompagner la croissance de ses clients. Cette forte présence simplifie le processus de compensation entre les diverses monnaies et zones géographiques, tout en permettant l’exploitation des solutions de gestion financière éprouvées de RBS pour gérer les instruments financiers et le financement des transactions commerciales. L’accès à des équipes de conseil spécialisées, une gamme de produits primée et des solutions intégrées de bout en bout procurent aux clients de RBS les outils dont ils ont besoin pour renforcer leurs capacités.
Site Web : www.rbs.com

À propos de l’Efma
L’Efma est une association de marketing financier, à but non lucratif, fondée en 1971 par des banquiers et des assureurs. L’Efma regroupe aujourd’hui plus de 80 % des plus grandes institutions financières avec plus de 3 000 institutions membres dans 130 pays. Son forum professionnel permet aux membres de partager leurs expériences, de promouvoir leurs meilleures pratiques et de renforcer leur collaboration par le biais d’alliances et de partenariats. Au forum s’ajoutent l’organisation permanente de manifestations et de communautés en ligne, la publication d’un journal et d’études détaillées ainsi qu’un vaste site web riche d’information et d’actualité.
Pour toute information, visitez le site www.efma.com

* Les pays développés de la région Asie-Pacifique comprennent l’Australie, le Japon, Singapour et la Corée du Sud

** 8 La réforme Bâle III fait partie des initiatives prises pour renforcer le système financier à la suite de la crise financière de 2007 (crise « des subprimes »), sous l’impulsion du FSB (Financial Stability Board) et du G20.

*** Votée le 15 juillet dernier par le Sénat américain, la réforme « Dodd-Frank Act », d’après les noms du sénateur Christopher Dodd et du représentant Barney Frank, élus démocrates, a été lancée par le président Obama pour réguler le système financier américain et éviter une nouvelle crise après le désastre de l’année 2008.

**** Les RTGS sont des systèmes de transferts de fonds qui permettent le transfert d’argent ou de titres « brut » en temps réel.
« Settlement in real time » signifie que le paiement ne subit aucun délai, les transactions sont effectives lors de la demande de transfert.

***** ACH est un réseau électronique de transactions financières. ACH opère d’importants volumes de transactions aussi bien débiteurs que créditeurs sous la forme de lots. Les transferts d’argent ACH permettent notamment le paiement des salaires et des fournisseurs.