Un robot générateur d’émotions

 Il mesure 1m20 et c’est un robot. Fruit d’un partenariat entre Capgemini et la start-up française Aldebaran, le premier robot d’accueil en magasin change la donne de la relation client.

« Bonjour, je m’appelle Pepper… »

Il peut identifier un objet et reconnaître une personne à sa voix, distinguer un adulte d’un enfant et un homme d’une femme. Il sait aussi localiser une source de son et engager une conversation, se réjouir comme s’attrister, prendre des photos et poser des devinettes… Ce « il », c’est Pepper, un petit robot humanoïde. Depuis l’été 2016, cette petite merveille de technologie circule dans les rayons de plusieurs magasins des enseignes Kiabi, Darty, Carrefour et de la SNCF.

 

« L’innovation émotive est la clé du futur en matière de robots. Pepper constitue de ce point de vue une étape majeure. »
Jean-Claude GUYARD

Un robot de plus ? Comme ce qui existe déjà au Japon ? Pas vraiment : conçu par Aldebaran, une start-up française, Pepper est le premier robot capable d’exprimer de véritables émotions en interaction avec ses interlocuteurs, de la joie à la tristesse en passant par la déception et la colère. Une innovation à laquelle Capgemini a été associée dès le départ.

 

11: Le nombre de capteurs grâce auxquels Pepper peut se diriger, parler et exprimer des émotions

« Avec pepper, nous sommes à l’aube de la quatrième révolution industrielle fondée sur des formes très élaborées d’intelligence artificielle.»
Jean-Claude GUYARD

À la recherche d’une rupture technologique…

Le Groupe Capgemini est l’un des premiers de son secteur à accompagner le développement d’un robot ayant une application concrète. Tout commence au début de l’année 2016 par une rencontre, celle entre les directeurs de l’innovation, du marketing de la chaîne Kiabi d’un côté et, de l’autre, les responsables du lab d’innovation de Capgemini. Créé en 1995, ce lab intitulé aujourd’hui Applied Innovation Exchange est un lieu entièrement dédié à l‘innovation appliquée. « Nos clients y viennent pour travailler avec nous sur des ruptures technologiques susceptibles de les aider à se transformer ou à résister à de nouvelles formes de concurrence. Comme par exemple des dernières années les tendances d’ubérisation », indique Jean-Claude Guyard, qui anime le lab. Une rupture technologique : c’est exactement ce que Kiabi recherche pour relancer la fréquentation dans ses magasins et se doter d’une nouvelle image, plus moderne, plus ludique et plus décontractée. Aux responsables de l’enseigne, les équipes du lab de Capgemini commencent par montrer un certain nombre d’objets connectés et d’outils de digital marketing. Puis elles leur présentent Pepper. Le coup de foudre est immédiat…

 

3 KM/H:   La vitesse maximale de Pepper
1,20 M:  La taille de Pepper

Les yeux de robots : le miroir de l’IA

Le robot humanoïde a tout pour plaire : il est étonnant, amusant, plein de ressources et, surtout, totalement inédit. D’ailleurs, jamais encore un robot n’avait circulé dans un magasin en Europe ! Pour rendre possible ce tour de force, les équipes de Capgemini France, en liaison étroite avec Aldebaran, ont conçu un logiciel adapté. « Un robot a trois missions possibles : l’accueil, la conversation et l’analyse de données. Dans un premier temps, la priorité a été donnée par Kiabi aux deux premières fonctions et c’est sur elles que nous avons travaillé », explique Jean-Claude Guyard. Le résultat est étonnant : l’expression des émotions, la véritable originalité de Pepper, passe par une large gamme de couleurs des yeux. Verts quand Pepper écoute, ils s’assombrissent en cas de tristesse et adoptent des teintes plus éclatantes pour exprimer la satisfaction. Les « sentiments » passent aussi par les gestes et les sons : lorsque Pepper reconnaît un client habituel du magasin, il exprime « sa joie » en levant les bras. Se sent-il inoccupé ou délaissé ? Le voilà qui émet un long soupir. Lui parle-t-on enfin ? Il se tourne spontanément vers son interlocuteur et lui décroche un regard amical…

 

20: Le nombre de moteurs permettant à Pepper de se déplacer et de bouger les membres

Le jour de la rentrée des classes, Pepper circule dans les magasins, un sac sur le dos et des crayons dans la main qu’il distribue aux enfants ravis. Et ce n’est qu’un début. « Aujourd’hui, il y a une vingtaine de robots en circulation. Mais il y aura bientôt des flottes complètes répondant à des besoins de plus en plus précis. Le potentiel est immense. Aujourd’hui, nous sommes en train de travailler sur de nouvelles couches d’intelligence pour que Pepper puisse analyser des données complètes et réaliser des opérations complexes. L’idée est de faire grandir l’enfant », s’enthousiasme Jean-Claude Guyard. Grâce à Capgemini, le petit humanoïde est déjà capable de jouer aux échecs. Et méfiance : il n’est pas mauvais !