General Electric : la maintenance des avions s’envole dans le cloud

 À l’image de ce système pionnier d’échanges des données destiné à l’industrie aéronautique, mis au point avec l’aide de Capgemini.

Une mutation technologique de grande ampleur

« Échange de données de configuration »… Derrière ce terme obscur se cache une mutation technologique de grande ampleur qui est en train de changer le visage de l’industrie. Le principe : partager et échanger des données en temps réel entre différents systèmes techniques afin de gagner en efficacité et en productivité. C’est ce que vient de réaliser, avec Capgemini, General Electric pour la maintenance des moteurs d’avions que sa branche aéronautique produit.

« La connectivité porte la stratégie de croissance de GE. Aujourd’hui par exemple nous travaillons sur des applications permettant de réaliser le suivi des performances d’éoliennes à distance. »
Lalit Khandelwal

GE, un pionnier du digital

À dire vrai, cela fait longtemps que le groupe américain s’intéresse au numérique. « Depuis plus de 20 ans, dans le cadre de son partenariat avec Igate – société américaine acquise par Capgemini en 2015 – et avec le Groupe depuis, précise Lalit Khandelwal, « patron » de la Business Unit General Electric. Au départ, notre collaboration concernait essentiellement des projets IT pour GE Aviation. Mais le périmètre s’est rapidement étendu à l’ensemble des activités et des lignes de service de l’entreprise. Capgemini est devenu un partenaire stratégique de General Electric et agit globalement pour l’accompagner dans ses problématiques d’automatisation et d’innovation. » C’est dans ce cadre que Capgemini et GE Digital, la division du conglomérat chargée de l’innovation digitale, ont travaillé en 2016 sur un nouveau système d’échange des données de configuration. Avec un objectif : réduire les coûts de maintenance des moteurs à l’échelle de l’industrie aéronautique toute entière.

« La véritable innovation consiste à savoir comment et quoi automatiser afin d’optimiser les coûts et les délais. »
Lalit Khandelwal

Le cloud pour réduire les coûts

Car le constat de GE est clair : le traitement des données relatives à la maintenance des moteurs de l’industrie aéronautique est perfectible. « Les systèmes de maintenance et d’ingénierie sont dispersés dans l’ensemble de l’industrie et reposent encore en grande partie sur des millions de documents papier et PDF. Cela provoque des pertes d’informations et même des différences de diagnostic. Il s’agit clairement d’un obstacle à la réduction des coûts », souligne Lalit Khandelwal. L’idée est donc de  permettre l’échange de données de maintenance entre tous les acteurs concernés en utilisant une plate-forme commune Cloud – baptisée Predix.

4 milliards de dollars: les économies attendues dans le secteur par le déploiement de l’échange de données de configuration.

En début de processus, des capteurs installés sur les moteurs enregistrent des informations relatives à leur comportement et aux opérations de maintenance. La vraie nouveauté se situe à l’étape suivante. « Les opérations de maintenance sont boostées car les données sont partagées par tous via un écosystème commun.Ce dernier agit comme un pipeline de datas circulant en permanence entre les motoristes, les compagnies aériennes et les courtiers en pièces. Chaque entreprise accède à la même information au même moment et peut obtenir l’historique complet des réparations », explique Lalit Khandelwal. Le résultat est probant : les délais d’interventions et des coûts sont réduits de manière spectaculaire, et les données obtenues sont beaucoup plus fiables. « C’est un modèle susceptible de gagner toute l’industrie et de changer les relations entre les industriels et les équipementiers », conclut Lalit Khandelwal, qui voit dans la maintenance prédictive une application des plus prometteuses.

570: le nombre de projets actuellement en cours avec General Electric.