Quels sont les leviers d’optimisation des phases de tests ?

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Le système d’information (SI) est une composante toujours plus essentielle des services publics. Tant pour leur fonctionnement interne que dans leur relation au public et aux administrés. La production de services repose sur le bon fonctionnement, la performance, la sécurité des applications qui composent ces SI.

En 2009 par exemple, un bug à la CNAV a coûté, selon le gouvernement, 1,7Md€. Cela peut paraître énorme et pourtant, une étude américaine relayée par Le Monde Informatique le 12 janvier 2021, estime à plus de 2000 Md$ le coût de la non-qualité logicielle sur le territoire des Etats-Unis en 2020.

La pandémie a stressé davantage les systèmes, mais aussi fait apparaître de nouveaux besoins, donnant naissance à de nouvelles applications, de nouveaux services etc. Maîtriser la qualité des applications représente à la fois une nécessité et un défi.

Par ailleurs, le secteur public sait, plus que tout autre, que les ressources sont limitées et qu’il faut toujours savoir faire mieux avec des moyens restreints. La bonne utilisation est essentielle et la méthode de recette est fondamentale pour les optimiser.

Une stratégie basée sur le risque

Pour maîtriser la qualité et optimiser les ressources, la stratégie doit être établie sur la base d’une évaluation du risque. En effet, plus le risque encouru en cas de dysfonctionnement est important (mise en danger des agents ou du public, impossibilité de délivrer un service public) ou plus anodin (impossibilité de délivrer un rapport…), plus le test devra être profond. Il s’agit d’un grand principe et les professionnels du test ont l’habitude de dire « pas de risque, pas de test ! ». En effet, si un développement ou un correctif ne fait encourir aucun risque aux usagers de l’application ou du SI, alors autant économiser du temps et de l’argent ! C’est pourquoi l’étude de risque est un élément préalable à la stratégie.

Une stratégie définit ce qui doit être testé, mais aussi par qui, comment, à quel moment et avec quels moyens. Il ne s’agit pas pour autant d’un document lourd et donc vite inutile, mais bien d’un guide qui permet d’organiser, d’orienter et de définir les règles à suivre. Elle est l’élément fondamental de l’efficience de l’activité de test. Au-delà du fonctionnel, de la performance et de la sécurité, ces activités concernent également l’accessibilité, l’expérience utilisateur ou les aspects durables (green testing).

Le fait de porter l’effort sur les endroits les plus risqués garantit que l’effort est employé au mieux. Ce qui a plus d’impact sera testé en premier et donc corrigé en premier en cas d’anomalie constatée.

Optimiser la valeur ajoutée de chacun

Optimiser les ressources signifie également que chacun opère sur son périmètre de prédilection. C’est une façon de préserver le temps des « sachants clients » afin qu’ils se concentrent sur des tâches à valeur ajoutée telles que la compréhension du risque ou l’acceptation / validation de la solution en réponse au besoin initial.

L’outillage

L’outillage peut permettre d’aller au plus vite et/ou moins cher. Mais l’outil n’est qu’un moyen et il doit être adapté et utilisé selon des bonnes pratiques.

Souvent le test, bien que nécessaire, est considéré comme un effort coûteux. Au sein de systèmes d’information tentaculaires, tels que dans les organismes du secteur public, il doit aussi être déployé sur l’intégration des systèmes entre eux.

Aujourd’hui, d’une anomalie dans un système découlent des impacts sur de nombreux applicatifs et des conséquences souvent désastreuses dans la gestion des services auprès des administrés.

Pour cette raison, le test doit être considéré de manière industrielle. La gestion des risques évoquée en amont contribue fortement à rationaliser l’effort de test ; l’outillage est également un moyen d’améliorer la qualité de service.

Parler d’industrialisation des tests c’est se donner la possibilité de réutiliser un capital et donc de disposer d’un patrimoine maintenable.

Afin de favoriser cette réutilisation il est essentiel de structurer les moyens de tests et cela se fait avec un outillage dédié. Parmi une panoplie qui s’est fortement étoffée sur les dix dernières années, on distingue trois principales catégories d’outils : le gestionnaire de test (ou test management system), l’automate et le gestionnaire d’anomalies.

Sur l’exemple du gestionnaire de test, la saisie des exigences, cas et scénarios sont autant d’éléments qui pourront être réutilisés lors d’un prochain projet ou d’une future itération dans un effort de conception. Cette réutilisation a donc un impact évident sur les charges et délais des projets à venir et donc un ROI qui ne peut être négligé.

L’outil est donc un moyen structurant dans la réalisation du processus de test et la capacité des équipes à accélérer leur intégration sur de nouveaux projets. Cependant, comme tout outil ; il doit être utilisé avec un canevas précis et doit supporter une démarche structurée.

Capitalisation

La capitalisation est un élément essentiel de toute démarche de test. A l’instar de ce qui a été évoqué dans le chapitre précédent, l’outillage favorise la conservation des éléments du patrimoine de test en vue des réutilisations futures.

Cet effort ne doit pas se limiter à l’outil. Les meilleures pratiques mises en œuvre sur un projet doivent également être retenues pour servir ultérieurement. C’est d’ailleurs l’objet du bilan de test qui vient clôturer chaque campagne et qui, parmi ses objectifs, doit tracer les difficultés et succès constatés sur un projet de test.

Ces éléments se doivent d’être formalisés pour s’intégrer dans un plan d’amélioration continue et bonifier la courbe d’expérience des dispositifs de tests.

Conclusion

Le secteur public est porteur de responsabilités vis-à-vis des administrés qui obligent à garantir un niveau de service. L’analyse de risque sur laquelle doit reposer la stratégie de test permet de faire porter l’effort sur les éléments les plus critiques et de l’alléger là où c’est possible.

Le second objectif est de garantir que les anomalies seront détectées au plus tôt afin que la correction soit la moins coûteuse.

La pandémie a augmenté les besoins en services et mis à rude épreuve les agents. Il est d’autant plus important de ne solliciter les ressources clés que pour les tâches indispensables et à valeur ajoutée. Les rôles définis pour la recette doivent optimiser la valeur apportée par chacun dans le processus de test.

Depuis une vingtaine d’années, les métiers de la qualité logicielle se sont fortement professionnalisés pour mettre aujourd’hui à la disposition des acteurs du secteur public des savoir-faire ajustés et rompus aux meilleurs méthodes, pratiques et outils. Ces experts du test, issus de sociétés ayant une forte spécialisation dans ce métier, savent accompagner durablement les clients afin de leur garantir la fiabilité de leurs applications et un ROI fort sur le maintien des patrimoines de test.

Auteurs :

Philippe Girodroux
Partner et expert Tests IT
onepoint
Régis Curien
Responsable practice Testing
Sogeti France

 

 

 

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