A quoi ressembleront les plateformes MaaS demain ?

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Par Mehdi Essaidi, Principal Capgemini Invent

Le « Mobility as a Service » promet l’expérience de mobilité la plus fluide et sans couture possible. Il s’agit d’une plateforme d’orchestration de services de mobilité proposant un service unifié, de bout-en-bout, dans une logique multimodale. Depuis quelques mois, on observe de plus en plus d’acteurs de la mobilité bien connus des français développer des solutions MaaS. Où en est-on aujourd’hui ? Quel est le niveau de maturité de ces solutions ?

En février dernier, Citymapper annonçait le lancement de sa solution de billetique MaaS à Londres. La startup londonienne entend allier ses fonctionnalités historiques de proposition d’itinéraires multi-modaux à un service de billettique « universel », proposant ainsi un service similaire à Whim, la plateforme MaaS finlandaise pionnière dans le domaine. Au-delà des pures players digitaux, l’ensemble des acteurs du marché de la mobilité (constructeurs automobiles, opérateur de transport, etc.) prennent des positions dans le domaine en construisant leur propre plateformes ou en rejoignant des initiatives existantes. Assiste-t-on à l’émergence d’un nouveau modèle de consommation des mobilités ? Quelles sont les plateformes qui s’imposeront ?

Les plateformes MaaS de demain devront relever le défi de convaincre les services de mobilités (Uber, Lime, etc.) de rejoindre leur plateforme et d’ouvrir leurs données. Elles devront aussi être capables de s’adapter au contexte local des villes où elles s’opèrent tout en conservant une dimension globale pour préserver leur modèle économique. Elles devront aussi convaincre les pouvoirs publics de donner accès aux transports publics et à leurs données, car un MaaS qui fonctionne est un MaaS qui arrive à combiner mobilité privée et publique, et ce avec une taille critique suffisante. Vous l’avez compris, le défi n’est pas que technologique, mais bien dans l’organisation et l’alignement de l’écosystème vers un but commun : remplacer de façon durable le véhicule individuel.

Le défi est de taille, cependant le cadre législatif pourrait devenir un facilitant majeur. En effet, l’article 9 de la loi LOM tel que discuté en ce moment au Sénat prévoit le partage des données de circulation et de déplacement des services de transports publics mais également des services de mobilité partagée, avec pour ambition de pouvoir créer un titre de transport unique. C’est un réel pas en avant pour construire une offre de service de mobilité unifiée et accélérer le développement des plateformes MaaS.

 

Mehdi Essaidi est intervenu le 8 avril lors de la table ronde dédiée au MaaS de l’événement AutoTech Disruption

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