CEE : comment répondre à l’obligation de manière performante ?

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Les CEE (Certificats d’économie d’énergie) ont pour objectif de réduire la consommation d’énergie en obligeant les vendeurs d’électricité / gaz naturel et les distributeurs de carburants (obligés) à faire réaliser des économies d’énergie par leurs clients finaux. Chaque nouveau début de période CEE est agité. 2018 n’a pas failli à la règle : la 4ème Période (2018 […]

Les CEE (Certificats d’économie d’énergie) ont pour objectif de réduire la consommation d’énergie en obligeant les vendeurs d’électricité / gaz naturel et les distributeurs de carburants (obligés) à faire réaliser des économies d’énergie par leurs clients finaux.

Chaque nouveau début de période CEE est agité. 2018 n’a pas failli à la règle :

  • la 4ème Période (2018 – 2021) a doublé les objectifs de collecte CEE par rapport à la 3ème période : les obligés doivent réaliser 1 600 TWhc d’économie d’énergie sur 3 ans (soit 1 200 TWhc classiques et 400 TWhc précarité énergétique)
  • le marché des CEE s’est tendu et les prix ont beaucoup augmenté en passant d’un prix moyen de 4 €/MWhc en début d’année à 7€/MWhc en Décembre, avec un prix spot de 8,45 €/MWhc
  • les gisements possibles de CEE sont devenus de plus en plus faibles avec la revue à la baisse de la valeur des fiches standardisées
  • les contrôles de conformité ont été renforcés : des obligés / délégataires se sont vus annuler plusieurs de leurs dossiers non conformes
  • la concurrence entre les obligés pour collecter les CEE s’est accentuée

Le démarrage de l’année 2018 a été lent avec peu de volume de collecte par rapport à l’objectif à atteindre. En fin 2018, les dépôts de CEE se sont accélérés avec 34 TWhc en Novembre contre 55 TWhc en Décembre (Enerpresse N°12234).

L‘accès aux gisements est différent pour les 3 grandes familles d’acteurs (énergéticiens électricité et gaz, distributeurs de carburant, y compris grande distribution, et délégataires)

Au global, le segment des particuliers continue à être le gisement principal pour collecter des CEE. L’industrie (notamment dans les secteurs agricole, chimie, verre, acier et papier) devient un relais de croissance, des gisements importants sont accessibles et constituent la priorité de conquête (surtout avec l’ouverture attendue du mécanisme des CEE aux installations industrielles soumises à l’ETS). Les gisements du tertiaire sont du même ordre de grandeur qu’en industrie mais restent malheureusement difficilement atteignables, du fait de la complexité de la chaîne de décision entre locataire, propriétaire et gestionnaire.

Malgré une forte concurrence, les énergéticiens, bénéficiant de leurs filiales de service et d’un accès direct et régulier aux clients, accèdent plus facilement aux gisements par rapport aux distributeurs de carburants. Néanmoins, leurs fortes obligations les obligent à muscler leurs capacités de collecte sur certains segments. Ainsi, Engie a récemment acquis le pôle « CertiNergy et Solutions » du groupe Effy pour mieux attaquer le BtoB.

Les distributeurs de carburant cherchent d’autres leviers à activer : devenir fournisseur (comme Leclerc ou Casino) pour avoir accès aux clients, acquérir ou nouer des partenariats avec des entreprises d’efficacité énergétique / délégataires pour augmenter leur force de frappe, s’inscrire dans les opérations à 1 € ou les Programmes, ou se lancer dans les services de proximité comme EDF l’a fait avec IZI (travaux et dépannage à la demande).

Avec la hausse des prix, les délégataires de leur côté se réorganisent pour adresser de nouveaux gisements qui n’étaient pas rentables jusqu’à présent et pour renouveler leurs offres. Les opérations à 1€ rendues possibles par l’Etat sont autant d’opportunités supplémentaires. Les besoins en capitaux font également bouger les lignes chez eux : Capital Energy s’est fait récemment racheter par Bureau Veritas. Cette acquisition devrait permettre à Capital Energy d’avoir accès à une base de clientèle plus importante, essentiellement dans les bâtiments et actifs industriels, mais également à une solide surface financière pour faire face à la trésorerie nécessaire à cette profession.

Les obligés doivent bien s’armer pour faire face

Générer plus de dossiers, en perdre le moins possible en cours de route et piloter au cordeau sont les 3 grands fondamentaux à parfaitement orchestrer.

1 – Générer plus de dossiers

Afin d’augmenter les flux de collecte, les obligés doivent d’une part intensifier les actions génératrices de CEE tout en anticipant les évolutions de réglementation. D’autre part, ils doivent fidéliser les clients existants et augmenter le nombre de clients recourant à des opérations CEE.

2 – Perdre le moins de dossiers possible

Avec le renforcement du contrôle des dossiers par le PNCEE, un contrôle qualité en interne est essentiel pour réduire les taux de chute au dépôt des demandes. Ce contrôle qualité consiste à réaliser un screening strict et régulier des contreparties, automatiser le contrôle des dossiers en interne et suivre le processus de dépôt.

Afin d’éviter les risques de contreparties et de se prémunir de la volatilité du marché, les obligés devraient par ailleurs remonter la chaîne de valeur en accroissant les volumes de CEE collectés en propre.

3 – Piloter au cordeau

Pour sécuriser l’atteinte de l’objectif de collecte, la stratégie CEE doit être pleinement intégrée à celle du cœur de métier. Cette stratégie consiste essentiellement à :

  • définir la répartition annuelle de l’objectif de collecte de CEE entre les différents modes de collecte, voire les différentes branches ou parties de l’organisation,
  • valider les investissements et les moyens associés (humains, financiers, techniques)
  • suivre scrupuleusement la performance de collecte (volumes et coûts) et les écarts aux objectifs de chacune des parties prenantes.

Plusieurs leviers peuvent être activés par les obligés pour collecter les CEE. Certains leviers permettant de générer des CEE, peuvent être mis en place rapidement, comme la proposition d’offres à 1€ pour les ménages précaires. La réussite de ces leviers repose essentiellement sur l’attractivité des canaux de collecte et le pilotage et le suivi de bout en bout du processus de collecte. Ces nombreux leviers de performance génèrent de la valeur : il n’est pas trop tard pour les mettre en œuvre.

Cette publication a été initialement éditée par Enerpresse qui publie une tribune sur un sujet énergétique chaque premier jeudi du mois. Ce point de vue a été co-écrit par Julien Cossé, Directeur Energy & Utilities, Alain Chardon, Directeur Transition Energétique et Salma Zouari, Consultante Sénior Energy & Utilities  de Capgemini Invent

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