Ville d’Oslo : pour des rues plus sûres

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Rendre les rues plus sûres pour les enfants : pour répondre à cette demande de la ville d’Oslo, Capgemini a développé une application unique en son genre.

Pour la sécurité des jeunes piétons

Comment améliorer la sécurité des enfants qui, chaque jour, se rendent à pied à l’école ? Voilà le défi que le service des affaires environnementales et des transports de la ville d’Oslo (Norvège) décide de relever dans les derniers jours de l’année 2014. L’enjeu est de taille : à Oslo comme dans toutes les villes d’Europe, les jeunes piétons représentent une part importante des accidents de la route – notamment mortels. Les investissements dans les infrastructures de sécurité sont donc nécessaires.

 

29 %: Le pourcentage d’enfants de moins de 12 ans circulant à pied dans les grandes villes d’Europe occidentale.

Et c’est là que réside la difficulté : avec des budgets nécessairement limités, la ville ne peut investir partout. Pour être efficace, il lui faut faire des choix. Où aménager un passage piéton ? À quel croisement installer un feu de circulation ? Où mettre en œuvre une signalétique spécifique ? En un mot, comment identifier les emplacements à risque de manière à y déployer les bons équipements et à réduire l’exposition des enfants ? La réponse à ces questions passe par la collecte de données relatives à la sécurité des rues et susceptibles de guider les investissements publics. C’est dans ce cadre que Capgemini entre en scène…

 

2,8: Le nombre de victimes d’accidents en Suède, pour 100 000 habitants. C’est le deuxième chiffre le plus bas d’Europe (derrière Malte).

 

La vérité sort de la bouche des enfants

Retenu par la ville d’Oslo pour l’accompagner sur ce projet, Capgemini fait d’emblée une proposition originale. « Les autorités municipales avaient d’abord pensé collecter les données auprès des parents et des enseignants en leur demandant ce qui devait être fait pour améliorer la sécurité des enfants. Mais elles avaient obtenu des réponses très variées et parfois contradictoires. Nous avons alors proposé de collecter ces informations auprès des intéressés eux-mêmes, c’est-à-dire les enfants », raconte Hogne Malum Gjersvik, l’architecte du projet côté Capgemini.

 

43 000: le nombre d’enfants en primaire à Oslo.

L’idée est audacieuse et, pour tout dire, totalement pionnière. Mais comment la mettre en œuvre ? « En créant une solution pour téléphone mobile capable de recueillir des données exploitables basées sur l’expérience de marche des enfants », poursuit Hogne Malum Gjersvik. Reste désormais à la développer…

 

« TRAVAILLER SUR UN TEL PROJET EST TRÈS EXCITANT. CELA VA BIEN AU-DELÀ DE LA TECHNIQUE. IL S’AGIT D’AMÉLIORER LA VIE QUOTIDIENNE D’UNE PARTIE DE LA POPULATION. »
HOGNE MALUM GJERSVIK

Une application très spéciale

Les contraintes sont nombreuses. « L’application devait disposer d’une interface suffisamment claire, simple et conviviale pour être utilisée par des élèves de primaire âgés de 12 ans en moyenne. Elle devait également garantir l’anonymat des enfants. Enfin, nous avions interdiction de capter les données à moins de 200 mètres de leur lieu d’habitation afin d’éviter tout risque d’identification », poursuit Hogne Malum Gjersvik. Il faudra deux semaines seulement à Capgemini pour concevoir une solution complète. « Il s’agit d’une application iOS organisée autour de neuf thèmes très facilement identifiables : densité du trafic, vitesse de circulation, danger particulier… Elle est conçue à la manière d’un jeu : les enfants se comportent comme de vrais petits espions. Ils cliquent sur des boutons génériques pour donner des données très précises sur leur trajet », il explique.

 

117 MILLIARDS DE DOLLARS: Les investissements pour les villes intelligentes prévus dans le monde entre 2012 et 2020.

Simple et intuitive, cette application est une première dans le genre. Les équipes de Capgemini et les autorités municipales sont d’ailleurs surprises de son succès. « Nous avions tous très peur que les enfants trouvent ça compliqué ou ennuyeux. Or c’est l’inverse qui s’est produit. L’application les amusait tellement qu’ils voulaient remplir les rubriques au fur et à mesure qu’ils marchaient dans la rue. Nous avons dû prévoir un message sonore leur demandant de couper leur portable pendant leur trajet », souligne Hogne Malum Gjersvik. Opérationnelle dans le courant de l’année 2005, la solution est testée auprès des élèves de deux écoles primaires d’Oslo, première étape vers un déploiement généralisé et la définition de nouvelles politiques d’investissements en matière de sécurité.

 

« DES APPLICATIONS COMME CELLES-CI PEUVENT ÊTRE UTILISÉES POUR TOUTES SORTES DE SERVICES ; ÉDUCATION, TRANSPORT, ACTIVITÉS CULTURELLES OU SPORTIVES… ELLES PERMETTENT AUX VILLES DE GARDER EN PERMANENCE LE CONTACT AVEC LEURS HABITANTS. ELLES CONSTITUENT LE FONDEMENT DES VILLES INTELLIGENTES. »
HOGNE MALUM GJERSVIK

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